Carrière longue : ce qui change au 1er septembre 2026

Depuis le 1er septembre 2026, les règles de la retraite anticipée pour carrière longue évoluent. La suspension du calendrier de relèvement de l’âge légal de départ à la retraite entraîne une modification de l’âge auquel certains assurés ayant commencé à travailler jeunes peuvent partir. La réforme permet également, sous certaines conditions, de prendre en compte jusqu’à deux trimestres liés aux enfants dans la durée d’assurance nécessaire.

Ces évolutions concernent les pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026. (L’Assurance Retraite)

Qu’est-ce que la retraite pour carrière longue ?

Le dispositif de retraite anticipée pour carrière longue permet à certains assurés de partir à la retraite avant l’âge légal lorsqu’ils ont commencé à travailler suffisamment tôt et qu’ils justifient d’une durée d’assurance suffisante.

Quatre seuils de début d’activité sont pris en compte :

  • avant 16 ans ;
  • avant 18 ans ;
  • avant 20 ans ;
  • avant 21 ans.

Le début d’activité ne suffit toutefois pas à lui seul.

L’assuré doit également avoir validé un nombre minimal de trimestres au début de sa carrière. En principe, il faut avoir validé au moins 5 trimestres avant la fin de l’année civile au cours de laquelle l’âge de début d’activité est atteint.

Ce seuil est ramené à 4 trimestres pour les personnes nées au cours du dernier trimestre de l’année, ainsi que dans certaines situations propres aux assurés relevant du régime des non-salariés agricoles. (L’Assurance Retraite)

Pourquoi les règles changent-elles au 1er septembre 2026 ?

La réforme des retraites de 2023 prévoyait une augmentation progressive de l’âge légal de départ jusqu’à 64 ans.

La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 a suspendu cette progression pour certaines générations.

Cette suspension a également des conséquences sur les dispositifs de retraite anticipée pour carrière longue.

Le décret n° 2026-345 du 7 mai 2026 est venu préciser les nouvelles règles applicables aux assurés ayant commencé leur activité avant 20 ans. (Légifrance)

Les nouvelles règles s’appliquent aux pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026.

Des départs possibles quelques mois plus tôt

Pour les assurés concernés par le dispositif carrière longue et nés entre 1964 et 1970, l’âge de départ anticipé peut être inférieur à celui qui aurait résulté du calendrier prévu par la réforme de 2023.

La différence peut atteindre plusieurs mois selon l’année et la date de naissance.

Pour les personnes ayant commencé à travailler avant 20 ans, le nouveau calendrier est notamment le suivant :

Année de naissance

Âge de départ carrière longue

1964

60 ans et 6 mois

1er janvier au 31 mars 1965

60 ans et 9 mois

1er avril au 30 novembre 1965

60 ans et 9 mois

1er décembre au 31 décembre 1965

60 ans et 8 mois

1966

60 ans et 9 mois

1967

61 ans

1968

61 ans et 3 mois

1969

61 ans et 6 mois

1970

61 ans et 9 mois

Les conditions relatives à la durée d’assurance doivent toujours être remplies.

Pour les générations concernées, le nombre de trimestres requis dépend notamment de l’année de naissance. (L’Assurance Retraite)

Exemple : une personne née en 1968

Une personne née en 1968 qui a commencé à travailler suffisamment jeune peut, sous réserve de remplir toutes les conditions du dispositif, bénéficier d’un départ en carrière longue à 61 ans et 3 mois.

Avant la suspension du calendrier de la réforme, l’âge applicable aurait été plus élevé.

La mesure ne signifie cependant pas qu’une personne née en 1968 peut automatiquement partir à 61 ans et 3 mois.

Elle doit notamment justifier du début d’activité requis et du nombre de trimestres nécessaires.

La durée d’assurance reste essentielle

L’âge de départ n’est qu’une partie des conditions.

Pour bénéficier de la retraite anticipée pour carrière longue, l’assuré doit également réunir une durée d’assurance suffisante.

Pour une personne née en 1964, par exemple, la durée d’assurance requise indiquée par l’Assurance retraite pour un départ carrière longue avant 20 ans est de 170 trimestres.

Pour les générations suivantes, la durée peut atteindre 172 trimestres. (L’Assurance Retraite)

Il faut donc distinguer :

l’âge de début d’activité, qui détermine la catégorie de carrière longue ;

l’âge de départ, qui dépend de la génération et de cette catégorie ;

la durée d’assurance, qui doit également être remplie.

L’absence d’une seule de ces conditions peut empêcher le départ anticipé à la date envisagée.

Jusqu’à deux trimestres liés aux enfants peuvent désormais être pris en compte

La réforme comporte une autre évolution importante pour les parents.

À compter du 1er septembre 2026, jusqu’à deux trimestres liés aux enfants peuvent être pris en compte pour déterminer si l’assuré remplit la condition de durée d’assurance nécessaire à un départ anticipé pour carrière longue.

Le dispositif vise notamment certains trimestres liés :

  • à la maternité ;
  • à l’éducation des enfants ;
  • à l’adoption.

Le décret n° 2026-700 du 29 juillet 2026 précise que les bonifications ou majorations de durée d’assurance attribuées au titre des enfants peuvent être prises en compte dans la période réputée cotisée, dans la limite de deux trimestres par assuré. (Légifrance)

Une évolution particulièrement importante pour les assurés proches du seuil

Cette mesure peut avoir une conséquence concrète lorsqu’un assuré se trouve proche du nombre de trimestres nécessaire.

Prenons l’exemple d’une personne qui remplit toutes les conditions pour partir en carrière longue mais à laquelle il manque deux trimestres dans la durée nécessaire.

Si elle dispose de trimestres liés à ses enfants qui répondent aux conditions prévues par les textes, ces deux trimestres peuvent désormais être pris en compte dans la limite réglementaire.

Le dispositif peut donc permettre à certains assurés d’atteindre la durée nécessaire au départ anticipé.

Il ne permet toutefois pas de supprimer les autres conditions de la carrière longue.

Tous les trimestres liés aux enfants ne deviennent pas automatiquement des trimestres cotisés

Il faut être précis sur ce point.

La réforme ne transforme pas l’ensemble des trimestres accordés au titre des enfants en trimestres cotisés.

Seuls les trimestres entrant dans les catégories prévues par les textes peuvent être pris en compte, et dans la limite de deux trimestres par assuré.

La situation doit donc être examinée à partir du relevé de carrière et de la nature exacte des trimestres acquis.

L’Assurance retraite recommande de vérifier son relevé de carrière afin d’identifier les périodes susceptibles d’être retenues. (L’Assurance Retraite)

Une mesure qui vise notamment à réduire un écart entre les femmes et les hommes

Le décret du 29 juillet 2026 présente expressément cette évolution comme une mesure destinée à réduire les inégalités d’accès à la retraite anticipée pour carrière longue entre les femmes et les hommes.

Il permet de tenir compte, dans la période réputée cotisée, de certaines bonifications ou majorations de durée d’assurance attribuées au titre des enfants, dans la limite de deux trimestres. (Légifrance)

La mesure ne constitue donc pas une validation générale de tous les trimestres de parentalité.

Elle cible certains droits liés aux enfants et leur prise en compte dans le dispositif carrière longue.

À partir de quelle date ces règles s’appliquent-elles ?

Les nouvelles règles concernent les pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026.

Cela signifie qu’un assuré dont la pension prend effet avant cette date reste soumis aux anciennes règles.

Pour les pensions prenant effet à compter du 1er septembre, les nouvelles règles doivent être prises en compte dans l’étude des droits. (Légifrance)

Attention : carrière longue et âge légal sont deux notions différentes

La suspension de la réforme des retraites ne signifie pas que l’âge légal est désormais identique pour toutes les générations.

L’âge légal varie toujours en fonction de l’année de naissance.

La carrière longue constitue un dispositif de départ anticipé permettant, lorsque les conditions sont remplies, de partir avant l’âge légal normalement applicable.

Il faut donc éviter de présenter la réforme comme un retour général à la retraite à 60 ans.

Le droit au départ à 60 ans ou à un autre âge anticipé dépend toujours des conditions propres au dispositif.

Comment savoir si l’on est concerné ?

Un assuré qui pense pouvoir bénéficier de la carrière longue doit vérifier plusieurs éléments.

Il doit d’abord déterminer à quel âge il a commencé à travailler et combien de trimestres étaient validés à cette période.

Il doit ensuite vérifier sa durée d’assurance totale et la nature des trimestres figurant sur son relevé de carrière.

Pour les parents, il faut également identifier les trimestres attribués au titre de la maternité, de l’adoption ou de l’éducation d’un enfant afin de déterminer s’ils peuvent être pris en compte dans la limite prévue par la réforme.

Enfin, la date de naissance permet de déterminer l’âge de départ applicable.

Une simple estimation à partir du nombre total de trimestres ne suffit donc pas toujours.

Un contrôle du relevé de carrière particulièrement important

Pour les personnes proches d’un départ, la vérification du relevé de carrière peut être déterminante.

Une période de travail absente, un trimestre mal reporté ou une période liée à un enfant qui n’apparaît pas correctement peuvent modifier le résultat.

L’assuré a donc intérêt à vérifier son relevé suffisamment tôt avant son départ.

Cette précaution est d’autant plus importante lorsque le départ anticipé dépend de quelques trimestres seulement.

À retenir

Depuis le 1er septembre 2026 :

  • la suspension du relèvement de l’âge légal modifie également certaines règles de la retraite anticipée pour carrière longue ;
  • certains assurés nés entre 1964 et 1970 peuvent bénéficier d’un âge de départ anticipé inférieur à celui initialement prévu par la réforme de 2023 ;
  • le dispositif continue de dépendre d’un début d’activité suffisamment précoce et d’une durée d’assurance suffisante ;
  • jusqu’à deux trimestres liés aux enfants peuvent désormais, sous conditions, être pris en compte dans la période réputée cotisée ;
  • sont notamment concernés certains trimestres liés à la maternité, à l’éducation ou à l’adoption ;
  • les nouvelles règles s’appliquent aux pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026 ;
  • la réforme ne signifie pas que tous les assurés ayant commencé à travailler jeunes peuvent automatiquement partir à 60 ans.

Références juridiques

Loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la Sécurité sociale pour 2026, notamment son article 105. (Légifrance)

Décret n° 2026-345 du 7 mai 2026 portant application de l’article 105 de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026. (Légifrance)

Décret n° 2026-700 du 29 juillet 2026 prévoyant diverses mesures relatives aux pensions de retraite des parents. (Légifrance)

Articles L. 351-1-1 et D. 351-2-2 du Code de la sécurité sociale.

Article L. 732-18-1 du Code rural et de la pêche maritime.

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